1 – Un
peu d’histoire
La présence du maréchal-ferrant est intimement liée à celle
du cheval. Autrefois innombrables, puis au fil du temps à effectifs réduis,
hier, pas assez nombreux et aujourd’hui pas assez qualifiés, l’art
de la maréchalerie répond et s’adapte à toutes
les époques.
L’étymologie du mot «maréchal» vient à priori
du terme « marhskalk », qui désignait en ancien français,
un domestique qui soignait les chevaux. D’après le mot flamand
le « massard » était celui qui frappe avec une masse.
Les romains ont commencé à appliquer des sortes de sandales
au pieds des chevaux, au Moyen-Orient, des plaques de
fer ont fait leur apparition avec les premiers clous.
C’est au Moyen
Age que les premiers ateliers de maréchaux ferrant ouvrent leurs
portes. Sachant qu'ils ferraient les chevaux, mais aussi
les ânes
et les bœufs de trait,
qu’ils pratiquaient les soins des dents, soignaient des maux oupratiquaient
les saignées.
Puis, les militaires ont créé le grade de « maréchal
soigneur », ancêtre des vétérinaires et de « maréchal
ferrant » les
chevaux.
Alors que le cheval aidait au travaux de labours et au déplacements,
c’est sous Louis XIV que le besoin de développer un effectif
de chevaux « pour
la guerre » se
fit le plus sentir.
Aussi, Colbert créa les Haras Nationaux afin que l’élevage
et la sélection des chevaux puissent s’effectuer de manière
rigoureuse, en fonction des besoins de l’armée. Jusqu’à la
fin du XIXe siècle, le cheval était l’outil indispensable
pour l’agriculture, le travail dans la mine, les longs trajets autant
que les transports urbains et pour la guerre. A l’époque,
c’était le cheval que l’on emmenait aux ateliers des
maréchaux-ferrants. Chaque village possédait un atelier et
l’on pouvait en dénombrer plus d’une centaine pour les
grandes villes.
Bientôt, l’apothéose du véhicule à moteur
allait avoir raison des chevaux et donc, des mar échaux-ferrants.
Après les deux guerres mondiales, un nouveau souffle allait envahir
le monde du cheval. Grâce aux courses, les haras ont pu survivre.
Depuis les années 70-80, le cheval est devenu un animal destiné soit à la
viande, à la compétition, aux courses, aux loisirs et de
plus en plus à la compagnie. Les maréchaux-ferrants se sont
donc adaptés à cette nouvelle utilisation. Les chevaux étant
rassemblés en un lieu pour la plupart, ils ne leurs restaient plus
qu’à s’équiper d’un bon camion à moteur
am énagé en
atelier pour intervenir sur place.
Et oui, le métier de maréchal-ferrant n’a cessé d’exister.
Cet art ancestral qui consiste à modelé un fer pour aider
la locomotion des ongulés est resté le même depuis
sont origine et a su s ’adapter aux époques et aux progrès.
En effet, le maréchal-ferrant sera très souvent obligé de
chauffer son fer pour l’adapter, mais son atelier rentre aujourd’hui
dans un camion et aux fers qu’il manipule, il essaye d’associer
d’autres matières suivant les recherches menées par
les v étérinaires et les fournisseurs.
2 - Ma
réchal-ferrant…de la formation au métier d’artisan.
A
ce jour cinq écoles de maréchalerie sont réparties
dans toute la France. Centres de formation, préparatoires au métier
de maréchal-ferrant, on note beaucoup de bonne volonté de
la part des formateurs et telle la tendance générale, on
note beaucoup de jeunes diplômés mais dépourvus de
motivation.
Chaque centre de formation propose aux jeunes une éducation complète
indispensable pour obtenir des bases d’indépendance. Bien
qu’une réflexion sur l’enseignement puisse être
soulevée, rien n’empêche les élèves de
lire, se documenter, de se renseigner eux-mêmes et d’y mettre
un peu de leur personne pour apprendre.
Sans vanité, j’ai toujours voulu apprendre correctement
le métier en m’abonnant à des revues spécialisées,
en réalisant un travail soigné, en posant des questions et
en respectant mon patron, ne serait-ce qu’en arrivant à l’heure
tous les matins.
Aujourd’hui, combien de jeunes posent des fers et râpe la corne
en guise d’ajustement ? Combien sont embauchés alors qu’ils
ne sont même pas titulaire du CAP ? Combien de jeunes se retrouvent
avec le diplôme alors qu’il ne savent pas ajuster un fer simple
? Une fois installé en sachant à peine compter et à peine
ferrer, ils n’hésitent pas a pratiquer des prix défiant
toutes concurrences puisque les mots «coût de revient» ou «conscience
professionnelle» ne font pas partie de leur vocabulaire. Pas étonnant
que les inconscients du parage naturel concurrence aujourd’hui les
maréchaux-ferrants.
En conclusion, il faut agir, se rassembler et
adopter pour maîtres
mots dans les écoles et dans le milieu professionnel l’humilité,
la rigueur et la connaissance. Je ne demande pas que
tout le monde soit un érudit de la maréchalerie. Je demande
d’accompagner
les jeunes, les encadrer et leur inculquer qu’il n’y a pas
d’intervention sur un animal sans réflexions empiriques et
surtout écrites et reconnues. Alors, à nous d’agir
et à vous, cavaliers, de choisir le bon maréchal ouvert,
instruit, sachant ce qu’il peut faire et avouant parfois ses limites...
3 – Qua
lités requises et conditions d’exécution
:
Bien que devant être physiquement robuste, le maréchal-ferrant
n’en reste pas moins un homme. Il est donc principalement composé de
muscles, de nerfs, d’os et d’articulations. Il ressent la douleur
et doit composer avec un être tout aussi vivant et sensible que lui
: le cheval.
Les premières améliorations à apporter pour soulager
de l’usure prématurée de la colonne vertébrale
réside en l’équipement, l’utilisations des outils
et son propre comportement. Il ne faut plus avoir peur de mettre une ceinture
de dos lorsque vous sentez la douleur arrivée, il faut consulter
régulièrement un kinésithérapeute ou un ostéopathe,
pratiquer un sport et surtout, savoir répartir, diminuer voir arrêter
sporadiquement lorsque votre corps le demande.
Pour éviter de se
baisser, pourquoi ne pas fixer votre mallette sur un petit diable ?
Aménager et adapter votre véhicule de manière réfléchie
avec des outils à bonne hauteur et du matériel rangé.
Enfin, un outil qui devrait être obligatoire pour la pratique du
métier c’est : le trepieds. La plupart des chevaux de courses
dont j’ai la responsabilité sont ferrés des quatre
pieds avec un trépieds et dans leur boxe. Non, je ne suis pas un
magicien, ni un inconscient. J’habitue progressivement le cheval
en observant son comportement car le maréchal-ferrant doit aussi
faire preuve de patience et de douceur avec l’animal qui lui fait
gagner sa vie.
La deuxième amélioration dans la pratique du métier
est la sensibilisation et la responsabilisation des propriétaires
de chevaux. Un maréchal-ferrant est un intervenant spécialiste
de la locomotion du cheval. Ce n’est pas un éducateur de bonnes
manières ou tout simplement un dresseur.
Comment voulez-vous qu’une ferrure se passe dans le calme, la confiance
et la décontraction si votre cheval ne sait pas donner ses pieds
?
Ensuite, un maréchal-ferrant n’est un athlète de demi-fond,
chargé de courir derrière
les chevaux au pré. Il n’est pas non plus, un technicien de
surface spécialisé dans la boue, l’argile, la graisse
et le goudron.
Alors, lorsque votre maréchal arrive, faites en sorte que votre
cheval soit déjà attrapé, les membres secs et propres,
sur un terrain plat sans cailloux et si possible
habrité.
Aidez votre maréchal-ferrant, il vous aidera lui aussi. Je le
répète : un maréchal-ferrant aime autant que vous
les chevaux. Il n’est pas là pour risquer sa vie, mais pour
appliquer des fers les plus adaptés à votre monture tout
en préservant sa santé.