> Qualités requises pour l’exercice du métier
Ci-après, vous trouverez quelques réflexions ayant deux objectifs : aider les jeunes qui veulent se lancer dans le métier de maréchal-ferrant et proposer des alternatives pour « soulager » l’exercice du métier.
Bien que devant être physiquement robuste, le maréchal-ferrant n’en reste pas moins un homme. Il est donc principalement composé de muscles, de nerfs, d’os et d’articulations. Il ressent la douleur et doit composer avec un être tout aussi vivant et sensible que lui : le cheval.
La résistance physique :
Notre métier est extrêmement physique.
Tous les jours, vous êtes amenés à porter
des charges, en particuliers, les pieds des chevaux qui
sont plus ou moins dociles. Votre dos ainsi que l’ensemble
de vos muscles et articulations sont mis à TRES
RUDES EPREUVES. Il faut penser à vous faire suivre
par un médecin, un kinésithérapeute
et/ou un ostéopathe. Si vous envisagez de vous
installer, il faudra que vous soyez capable de ferrer
entre cinq et douze chevaux par jour. Comment voulez-vous
vivre correctement de votre sérieuse entreprise
si vous vous contentez de deux à trois chevaux
par jour avec un prix moyen de 70€ HT la ferrure
quatre aciers ?
La qualité de vie
En dehors du fait qu’il est agréable de travailler à l’extérieur, avec des animaux, il ne faut pas oublier que vous devez autant travailler en hiver quand il fait -10° ou en été quand il fait +30° !! Comme tout travail avec des animaux, il faut être attentif et vigilant à chaque instant. Il faut donc avoir une hygiène de vie correcte : dormir, récupérer, bannir les excès d’alcool, manger équilibré avec beaucoup de protéine. Comment voulez-vous être un professionnel sérieux si tous les deux jours vous vous couchez à pas d’heure, si vous festoyez quotidiennement avec vos amis, si vous buvez ou fumez trop ? Toute cette énergie dépensée pour rien ne sera certainement pas bénéfique à la qualité de votre travail. Personne n’est surhumain, votre organisme a besoins d’un équilibre saint pour fonctionner. A vous de ne pas vous laissez allez à la facilité, mais d’être de vrai professionnels au service du cheval, de la mise en valeur et du respect de votre métier.
Equipement et outils
Il faut aménager et adapter votre véhicule de manière réfléchie avec des outils à bonne hauteur et du matériel rangé. Pour la pratique autour du cheval, il vous faut un trépied. La plupart des chevaux de courses dont j’ai la responsabilité sont ferrés des quatre pieds avec un trépied et dans leur boxe. Non, je ne suis pas un magicien, ni un inconscient. J’habitue progressivement le cheval en observant son comportement car le maréchal-ferrant doit aussi faire preuve de patience et douceur avec l’animal qui lui fait gagner sa vie.
Organiser / gérer son travail
Même si vous voulez vous lancer dans la filière de la maréchalerie, donc du travail manuel, il n’en reste pas moins que vous devez faire preuve d’intelligence. Il faut que vous soyez suffisamment conscient que les mathématiques et la comptabilité vous servent à calculer un prix de revient pour vendre vos prestations à un prix qui vous fait vivre correctement. Le français vous aide à ne pas faire dix fautes d’orthographe par phrase et à vous adresser aux clients correctement (car en général, les gens qui possèdent des chevaux sont loin d’être des « derniers de la classe »). Avoir la réflexion sur l’ajustage et le travail du fer permet à vos chevaux de bénéficier d’une ferrure adaptée. Combien de chevaux sont victimes de « poseurs » de fers (qui en général, se nargue d’avoir la science infuse sans jamais avoir étudié un bouquin de maréchalerie et en se contentent de leur simple formation à l’école)?
Relations avec les clients et les chevaux
Il faut sensibiliser et responsabiliser des propriétaires de chevaux. Un maréchal-ferrant est un intervenant spécialiste de la locomotion du cheval. Ce n’est pas un éducateur de bonne manière ou tout simplement un dresseur. Comment voulez-vous qu’une ferrure se passe dans le calme, la confiance et la décontraction si votre cheval ne sait pas donner ses pieds ? Ensuite, un maréchal-ferrant n’est pas un marathonien poursuivant les chevaux dans leur au pré. Il n’est pas non plus, un technicien de surface spécialisé dans la boue, l’argile, la graisse et le goudron. Alors SVP, lorsque votre maréchal arrive, faites en sorte que votre cheval soit attrapé, les membres secs et propres, sur un terrain plat sans cailloux et si possible abrité. La communication avec votre client vous aidera beaucoup.
En résumé, pour être UN BON maréchal-ferrant, il faut être TRES courageux, vaillant, persévérant, attentif, ne pas regarder la charge de travail, mais adapter son hygiène de vie (là dessus, il y a un gros travail à faire surtout sur les jeunes). Ceux qui se contentent de quelques broutilles par ci, par là, en pratiquant des prix trop bas font du tord à la profession et ne peuvent vivre décemment de leur art. Les maréchaux ferrant sérieux sont les maréchaux qui ferrent correctement, avec réflexion, entre 5 et 7 chevaux par jours, qui savent et connaissent l’anatomie et le fonctionnement non seulement du pied, mais également des articulations basses du cheval, qui savent expliquer et justifier leur ferrure en toute honnêteté. Si vous êtes capable de ce qui est décrit ci-dessus, alors vous serez un bon professionnel. Vous interviendrez intelligemment, tous les jours, sur tous types de chevaux. Vous aurez eu l’intelligence d’avoir calculé votre prix de revient sur vos ferrures. Vos tarifs seront le reflet honnête de votre intelligence et de votre expérience. C’est à vous de prouver qu’être maréchal-ferrant n’est certainement pas un métier facile, à la portée du diplômé de l’année, en CAP, pire, diplômé du BEP (que vous pouvez obtenir en n’ayant pas la moyenne ni en forge, ni en ferrure !!), qui s’installe dès son diplôme en poche avec à peine la moyenne. Imaginez : pour les chevaux de course, un apprenti lad jockey lancé sur un parcours d’obstacle à Auteuil avec un très bon cheval, ou, pour les chevaux d’obstacle, un cavalier galop 4 avec un cheval de classe nationale sur un parcours de 1m30. Le cheval, tout comme le cavalier courent à la catastrophe.