1 – Objectif et conception de la ferrure
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Le
cheval possède des sabots protégés par de la corne
qui pousse continuellement : environ un centimètre par mois. Alors
que la corne s’use naturellement chez le cheval sauvage, celle du cheval,
sélectionné et domestiqué par l’homme, va demander
des soins particuliers.
Autrefois le cheval servait aux travaux de labour, aux déplacements divers, à la
mine ou pour les armées.
Aujourd’hui, il est essentiellement utilisé pour les courses, malheureusement
la viande, la compétition ou le loisir. Véritable animal de compagnie
ou athlète, le cheval a besoin d’attentions particulières
au niveau de ses appuis nommés « aplombs » pour lui permettre
simplement de se déplacer dans les meilleures conditions possibles.
Suivant le travail et les efforts demandés aux chevaux, le maréchal,
accompagné du vétérinaire pour tous les problèmes
de locomotion, appliquera des fers spécifiques préalablement étudiés.
Pour cela, le maréchal et le vétérinaire s’il y a
lieu, choisissent une ferrure :
• protectrice, pour le travail quotidien qui va protéger la corne
de l’usure
• orthopédique, pour corriger les aplombs (ex : cheval cagneux)
• palliative, pour soulager sans pour autant guérir (ex : maladie
naviculaire)
• thérapeutique, pour participer au rétablissement des fonctions
locomotrices (ex : problème de déchirure de tendon)
• chirurgicale, pour permettre des soins spécifiques (ex : mise à nu
d ’une partie du sabot)
En parallèle, le maréchal dispose d’une variété toujours
plus importante de fers et composites. Chaque matériau utilisé fait
l’objet d’études au niveau de sa résistance, son poids,
sa capacité d’amortissement, sa résonance dans le pied.
Bien que des matières très intéressantes aient vu le jour,
souvent, leur difficultés d’adhérence au pied et bien évidemment
leur coût, restent des obstacles infranchissables pour des applications
quotidiennes.
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2-Les é
tapes de
la ferrures
Les novices, n’ayant pas côtoyé de maréchal-ferrant,
voient souvent dans le matériel employé tout l’attirail
du parfait tortionnaire moyenâgeux prêt à arracher une
jambe du pauvre animal. Concernant la datation des
outils, il n’en
ai pas loin. Mais, il existe des nouveautés non négligeables,
non pas pour les techniques de ferrage, mais pour la pratique
du m étier.
Les étapes du ferrage s’effectuent dans le même ordre
et avec les mêmes gestes depuis la nuit des temps.
Pour les étapes du déferrage, la plupart des maréchaux-ferrants
procèdent ainsi. Après avoir levé le pied du cheval,
le maréchal-ferrant redresse les rivets en se servant du dérivoir
ou du rogne pied.
Ensuite, il introduit sous les branches du fer
un des mords de sa tri
quoise, puis par un mouvement
de bascule dirigé de l’extérieur
vers l’intérieur du pied, il soulève petit à petit
les branches du fer jusqu’à la séparation du fer et
du sabot.
L ’étape
suivante est le parage.
Parer le pied est sans doute la plus importante
des opérations à exécuter.
Elle consiste à préparer la face plantaire du pied à recevoir
le fer, en y enlevant un excès de corne. Le but est de ramener le
pied à une forme proportionnée et d’agir sur les aplombs
de l’animal pour que, petit à petit et suivant la capacité du
cheval à accepter
les changement, ils redeviennent (?)
Pour tailler le pied, le maréchal-ferrant va utiliser son rogne
pied, sa pince à parer, sa mailloche et sa râpe. Il va également
utiliser son œil exercé pour évaluer l’importance
et la r égularité de
son intervention.
Après avoir étudié l’a
nimal et choisi le fer
approprié à la disciple pratiquée, le maréchal
va ajuster le fer au pied du cheval c’est à dire qu’il
va donner au fer le contour exacte du pied. L’ajustage doit également
offrir la garniture nécessaire au fonctionnement du sabot en débordant
progressivement de quelques millimètres de la parois. Cette étape
peut s’exécuter à chaud ou à froid. Lorsque
le fer est chauffé, le maréchal applique le fer sur la corne
en un temps aussi court que possible. Cette dernière se consume
et brûle en dégageant une fumée et une odeur qui souvent
impressionne.
« Pendant longtemps, on a assuré que la ferrure à froid était
moins solide que la ferrure à chaud. En réalité, il
n’en est rien et l’expé
rience a largement démontré que
si un fer est correctement appliqué à froid, il tient sous
le pied tout aussi solidement que s’il avait été appliqué à chaud.
De toute façon, ferrer à froid doit être aussi familier
au maréchal ferrant que ferrer à chaud. » (extrait
du Pr écis de Maréchalerie édition
maloine).
Suite à l’ajustage, vient l’étape du brochage
et du rivetage des clous. Le maréchal choisi les clous correspondant à l’épaisseur
du fer. Il présente le fer sous le pied du cheval pour en vérifier
la tournure. Il va alors brocher ses clous en les plantant
en direction de la muraille du sabot juste au milieu des contres-perçures
(trous dans les fers), et il les fait sortir à une hauteur égale
et suffisante. Après avoir coupé les extrémités
des clous, le maréchal rabat et incruste les rivets dans une petite
niche qu’il aura au préalable préparé à l’aide
de sa mailloche et son d égorgeoir.
Pour
la finition , le maréchal donne un léger coup de
râpe sur la parois pour éliminer les bavures de la corne.
Au passage de sa main sur la parois, il vérifie également
que ses rivets soient bien incrustés et que la garniture ne soit
pas tranchante.
3 – Ma spécialité : le cheval de course
Les chevaux
de courses, au travers de leur entraînement, des soins à prodiguer
et de leurs performances, sont l’exemple vivant du travail de pointe
et d’équipe dont le maréchal-ferrant fait partie intégrante.
Tout
d’abord, la passion des chevaux et la pratique manuelle ont
orienté mon choix professionnel : devenir maréchal-ferrant.
Si
j’ai choisi de me
spécialiser dans le cheval de course,
c’est tout simplement parce que l’excellence et la compétition
m'ont toujours attiré. Quoi de plus pointu, de plus fin à régler,
que de procéder à la pose de quatre fers simples ou compliqués
sur une frêle paroi d’à peine un centimètre dont
est pourvu le cheval de course.
Le choix des fers, la réflexion, la recherche, l’observation,
la quantification et le suivi des résultats pour un cheval de course,
est comparable au choix des pneus pour une voiture de
grands prix.
Pour arriver au niveau de maréchal indépendant, garantissant
un travail d’équipe, soigné, réfléchi,
il m’a
fallu dix ans.
- Ma formation a débuté au Haras du Pin où j’ai
obtenu le CAP et le BEP option maéchalerie
entre 1996 et 1998.
J'ai ensuite élevé des Pur-sangs
chez Luc Leroy (titulaire du titre de « Meilleur
Ouvrier de France »).
- De 1998 à 2000, chez Alain Choué, j'ai passé mon BTM en
alternance
(J'en profite pour remercier Luc Leroy ainsi que Alain Choué
pour leurs connaissances et savoirs qu’ils
ont su me transmettre).
Lors de cet apprentissage en Normandie, j’ai ferré des purs-sang,
des trotteurs, des chevaux de polos et des chevaux de
selles.
En 2000, j’ai donc obtenu le BTM (Brevet des Techniciens des Métiers).
Puis, embauché en région parisienne sur le centre d’entraînement
de Maisons-Laffitte (78 jusqu'en 2005), je me suis rendu
compte que, même après
l’obtention du plus haut diplôme de maréchalerie, le
chemin de la connaissance était
encore long et interminable.
Après cinq années d’expérience consacrées
exclusivement aux chevaux de course,
je me suis mis à mon compte.
Aujourd’hui, je privilégie
avant tout la connaissance et la communication.
Basé sur Maisons-Laffitte depuis 2001, ma clientèle est composée à 80%
de chevaux de course.
Cependant, j’interviens
sur tous type de chevaux dans la r égion.
4- Les ferrures spécifiques réalisées
Ci-après, vous trouverez un échantillon des ferrures palliatives,
orthopédiques que les vétérinaires m’ont demandé de
réaliser.