> Etapes du ferrage classique
Les novices, n’ayant pas côtoyé de maréchal-ferrant,
voient souvent dans le matériel employé tout l’attirail
du parfait tortionnaire moyenâgeux prêt à arracher une
jambe du pauvre animal. Concernant la datation des
outils, il n’en
ai pas loin. Mais, il existe des nouveautés non négligeables,
non pas pour les techniques de ferrage, mais pour la pratique
du m étier.
Les étapes du ferrage s’effectuent dans le même ordre
et avec les mêmes gestes depuis la nuit des temps.
Pour les étapes du déferrage, la plupart des maréchaux-ferrants
procèdent ainsi. Après avoir levé le pied du cheval,
le maréchal-ferrant redresse les rivets en se servant du dérivoir
ou du rogne pied.
Ensuite, il introduit sous les branches du fer
un des mords de sa tri
quoise, puis par un mouvement
de bascule dirigé de l’extérieur
vers l’intérieur du pied, il soulève petit à petit
les branches du fer jusqu’à la séparation du fer et
du sabot.
L ’étape
suivante est le parage.
Parer le pied est sans doute la plus importante
des opérations à exécuter.
Elle consiste à préparer la face plantaire du pied à recevoir
le fer, en y enlevant un excès de corne. Le but est de ramener le pied à une forme proportionnée et d’agir sur les aplombs de l’animal pour que, petit à petit et suivant la capacité du cheval à accepter les changements, le sabot soit d’une forme plus équilibrée, respectant des symétries pour une bonne répartition des forces dans le pied.
Pour tailler le pied, le maréchal-ferrant va utiliser son rogne
pied, sa pince à parer, sa mailloche et sa râpe. Il va également
utiliser son œil exercé pour évaluer l’importance
et la r égularité de
son intervention.
Après avoir étudié l’a
nimal et choisi le fer
approprié à la disciple pratiquée, le maréchal
va ajuster le fer au pied du cheval c’est à dire qu’il
va donner au fer le contour exacte du pied. L’ajustage doit également
offrir la garniture nécessaire au fonctionnement du sabot en débordant
progressivement de quelques millimètres de la parois. Cette étape
peut s’exécuter à chaud ou à froid. Lorsque
le fer est chauffé, le maréchal applique le fer sur la corne
en un temps aussi court que possible. Cette dernière se consume
et brûle en dégageant une fumée et une odeur qui souvent
impressionne.
« Pendant longtemps, on a assuré que la ferrure à froid était
moins solide que la ferrure à chaud. En réalité, il
n’en est rien et l’expé
rience a largement démontré que
si un fer est correctement appliqué à froid, il tient sous
le pied tout aussi solidement que s’il avait été appliqué à chaud.
De toute façon, ferrer à froid doit être aussi familier
au maréchal ferrant que ferrer à chaud. » (extrait
du Pr écis de Maréchalerie édition
maloine).
Suite à l’ajustage, vient l’étape du brochage
et du rivetage des clous. Le maréchal choisi les clous correspondant à l’épaisseur
du fer. Il présente le fer sous le pied du cheval pour en vérifier
la tournure. Il va alors brocher ses clous en les plantant
en direction de la muraille du sabot juste au milieu des contres-perçures
(trous dans les fers), et il les fait sortir à une hauteur égale
et suffisante. Après avoir coupé les extrémités
des clous, le maréchal rabat et incruste les rivets dans une petite
niche qu’il aura au préalable préparé à l’aide
de sa mailloche et son d égorgeoir.
Pour
la finition , le maréchal donne un léger coup de
râpe sur la parois pour éliminer les bavures de la corne.
Au passage de sa main sur la parois, il vérifie également
que ses rivets soient bien incrustés et que la garniture ne soit
pas tranchante.