> Ferrage à chaud ou à froid, comportement du cheval et… du cavalier ?
Suivant les types de ferrures, le caractère du cheval et
le lieu d’exécution, le maréchal s’adapte et décide
de ferrer « à froid » ou « à chaud ».
Les grands et beaux parleurs ne jurent souvent que par
un type de ferrage et la plupart des cavaliers impressionnés par
le travail de l’artisan
en oublient souvent la remise en question, la réflexion et le discernement
: le bon diagnostic !
Le premier objectif du maréchal-ferrant est de parer le pied du
cheval de sorte que la troisième phalange soit parallèle
au sol. LE PARAGE est donc l’étape la plus délicate
et la plus importante pour orienter les aplombs et donner
les moyens au cheval de se mouvoir le plus facilement possible.
Lorsque
le pied du cheval demande une ferrure spécifique, le maréchal
est donc obligé de préparer son fer à la forge. Pour
ajuster un fer à la forme du pied et le tourner suivant les demandes
du vétérinaire, tout le monde s’accorde à dire
que le ferrage à chaud est la meilleure méthode. En effet,
ce n’est pas faux.
Mais si l’on compare l’épaisseur d’un fer de cheval
de selle et celle d’un fer de cheval de course, la force à déployer
pour adapter le fer n’est pas la même.
Faire chauffer un fer ne garanti pas un bon ferrage (le
nombre de maréchaux qui pensent terminer la mise d’aplomb
du parage par un bon brûlage de corne, est beaucoup plus fréquent
qu’on ne le pense.) et un ferrage à froid n’est pas
synonyme de déferrage instantané.
En parallèle, le maréchal doit exécuter son art sur
un animal le plus souvent…vivant. Un animal, au risque de décevoir
certains tortionnaires, est également pourvu d’un caractère,
d’une sensibilité ou d’une obéissance plus ou
moins développé. Il sera donc difficile de ferrer un cheval
de course en dehors de son boxe non pas parce qu’il est « Bête » (bien
que cela soit vrai dans le sens ou il est animal…), mais parce qu’ils
sont pour la plupart des inquiets de nature et qu’ils mangent tout
les jours une alimentation très riche.
Le caractère fougueux, collant au stéréotype du
pur-sang, implique également la rapidité d’exécution,
et donc une maîtrise des gestes de la ferrure bien plus fine que
pour la plupart des autres prestations (faites en l’expérience
: demandez à un maréchal spécialiste des chevaux de
selle de ferrer un cheval de course…).
Ayant une bonne expérience des chevaux de courses, je tiens à signaler
aux « Hommes de chevaux » que dans 90% des cas, j’arrive à ferrer
seul des pur-sang de 2 ans et que dans 90% des cas, les chevaux de selle
de quatre ans sont obligés d’être tenus et finissent
par se faire sermonner par leur propre propriétaire, très
fier d’avoir Eduquer et Dresser son cheval lui même…
Enfin, le lieu est un facteur primordial pour l’exécution
d’une ferrure. Nous venons de voir, qu’un cheval de course était
ferré dans son boxe. La présence de litière quelle
qu’en soit la matière force inévitablement le maréchal à ferrer à froid.
Une reconnaissance cette fois en faveur des centres équestres et
des poneys clubs qui aménagent de plus en plus un lieu de pansage
et ferrage, très apprécié par le maréchal-ferrant.
Un
conseil toutefois, pensez que le maréchal doit travailler avec
son matériel à proximité.
Pour finir, (et nous y reviendrons plus tard), par pitié, lorsque
le maréchal doit ferrer ou parer votre cheval au pré, pensez à lui
et à votre cheval.
Un maréchal n’est pas un cow-boy à pied attrapant
d’un coup de lasso (ou de baguette magique) un mustang. Le maréchal
est un personnage peu reconnu de votre compagnon, il a donc moins de chance
de l’attraper facilement au bout de son joli pré (champ de
boue en hiver) qui doit faire en moyenne 1,5 hectares. Ayez la gentillesse
de l’avoir attrapé et si possible débarbouillé au
sens propre du terme, c’est à dire, lui avoir ôté la
boue de ses membres.
Le bon sens pose les questions suivantes
: dois-je ferrer un cheval de trait, de selle, un poulain,
un cheval de course ?
Dans quel lieu je vais « atterrir » pour appliquer au mieux
des fers à votre compagnon préféré ?
Quel type
de ferrure dois-je lui appliquer : usuelle, orthopédique?
Comment
va réagir le cheval à la ferrure, est-ce un inquiet,
un dangereux, un brave caractère ?
Bref, est-ce le cheval, le cavalier
ou la ferrure qui nécessite
une adaptation à chaud ou à froid …?